coeur de marie
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coeur de marie
J'ai un coeur de Marie depuis ce printemps dans un grand pot. Il a jauni. Il est à la mi-ombre. Que puis-je faire pour qu'il reverdisse ?
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Re: coeur de marie
Patricia. Je peux te renvoyer à ce site : https://www.picturethisai.com/fr/care/L ... bilis.html
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Ça me semble difficile de conserver un substrat humide et frais mais drainé ! J’ai rencontré de beaux spécimens de cœur de Marie dans des environnements de sous-bois en région parisienne. J’ignore si la période de floraison est encore d’actualité en août. :?:
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Ça me semble difficile de conserver un substrat humide et frais mais drainé ! J’ai rencontré de beaux spécimens de cœur de Marie dans des environnements de sous-bois en région parisienne. J’ignore si la période de floraison est encore d’actualité en août. :?:
Re: coeur de marie
c'est normal que les feuilles jaunissent puis tombent. il repoussera au printemps ;)
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Re: coeur de marie
Merci Claude. Ce n'est pas un peu tôt pour perdre ses feuilles Xyla ?
Re: coeur de marie
sur le site indiqué par Claude, ils disent:"En cas de chaleur excessive, des feuilles flétries et un feuillage brûlé peuvent survenir". C'est ce qui se passe chez moi bien qu'il soit protégé du soleil de l'après-midi. Peut-être lui rajouter une ombrière et beaucoup l'arroser.
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Re: coeur de marie
Peut-être lui rajouter une ombrière et beaucoup l'arroser.
Certes
Bon, j'ai plus que sûrement déjà dit ce qui va suivre. Mais puisque j'ai entendu plusieurs fois que je rabâchais, j'en profite. :lol:
Quand j'étais en Ardèche, j'avais fini par renâcler à arroser le soir, sur un sol très chaud et pour des plantes assommées de chaleur.
Car j'utilisais l'eau de distribution qui était fraîche et mon potager était exposé sud-ouest, sur une côtière extra ensoleillée jusqu'au coucher du soleil.
A mon avis, on pourrait le faire avec de l'eau stockée, qui est à température ambiante.
Instinctivement, j' avais fini par tester d' arroser très tôt le matin, et aussi parce que mon potager y était à l'ombre à ce moment là…
Tenez-vous bien: parce que j'avais remarqué un matin tôt qu'il n'y avait plus de rosée, j'avais testé de risquer l'asperseur un moment (15 à 20m)
en plus du toyo pour les plantes voraces en eau (laitue, tomates, concombre et autre). Bingo!
En ce moment, je ferais bien le parallèle avec les pratiques de la chaleur dans ma résidence collective dans l'Ain:
en pleine chaleur, les portes sont grandes ouvertes. "C'est pour faire courant d'air" qu'on m'a dit.
Sauf que le courant d'air est plus chaud que l'air intérieur.
Donc, à mon avis, c'est un excellent moyen pour réchauffer l'intérieur. A moins qu'on soit en permanence humecté!
J'ai remarqué qu'ici, ON ne supporte pas très bien les propos de ceusses qui ne sont pas d'ici (ou pas depuis longtemps?)
Paranoïa?
Certes
Bon, j'ai plus que sûrement déjà dit ce qui va suivre. Mais puisque j'ai entendu plusieurs fois que je rabâchais, j'en profite. :lol:
Quand j'étais en Ardèche, j'avais fini par renâcler à arroser le soir, sur un sol très chaud et pour des plantes assommées de chaleur.
Car j'utilisais l'eau de distribution qui était fraîche et mon potager était exposé sud-ouest, sur une côtière extra ensoleillée jusqu'au coucher du soleil.
A mon avis, on pourrait le faire avec de l'eau stockée, qui est à température ambiante.
Instinctivement, j' avais fini par tester d' arroser très tôt le matin, et aussi parce que mon potager y était à l'ombre à ce moment là…
Tenez-vous bien: parce que j'avais remarqué un matin tôt qu'il n'y avait plus de rosée, j'avais testé de risquer l'asperseur un moment (15 à 20m)
en plus du toyo pour les plantes voraces en eau (laitue, tomates, concombre et autre). Bingo!
En ce moment, je ferais bien le parallèle avec les pratiques de la chaleur dans ma résidence collective dans l'Ain:
en pleine chaleur, les portes sont grandes ouvertes. "C'est pour faire courant d'air" qu'on m'a dit.
Sauf que le courant d'air est plus chaud que l'air intérieur.
Donc, à mon avis, c'est un excellent moyen pour réchauffer l'intérieur. A moins qu'on soit en permanence humecté!
J'ai remarqué qu'ici, ON ne supporte pas très bien les propos de ceusses qui ne sont pas d'ici (ou pas depuis longtemps?)
Paranoïa?
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Re: coeur de marie
Bon, il fait moins chaud et même un peu gris. Je vais lui trouver une place plus ombragée. Plumee, j'ai plus d'une fois arrosée avec de l'eau du robinet mise à chauffer au soleil dans l'arrosoir. Cela pour éviter le choc thermique.
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Re: coeur de marie
Voui mais quelle température faut-il prendre en compte ? Il y a forcément un bon différentiel entre le feuillage et le monde racinaire.
Je parierais que c’est le dernier qui est le plus sensible aux écarts brusques. Le substrat qui entoure les racines est un’i isolant. Mais c’est là une simple supposition qui ne ce s’appuie que sur mon expérience personnelle, et ma logique … ce ce qui est peu de choses.
Je parierais que c’est le dernier qui est le plus sensible aux écarts brusques. Le substrat qui entoure les racines est un’i isolant. Mais c’est là une simple supposition qui ne ce s’appuie que sur mon expérience personnelle, et ma logique … ce ce qui est peu de choses.
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Re: coeur de marie
Patricia.
J’ai repensé à ta demande sur le jaunissement des feuilles d’un végétal en lisant l’interview d’une directrice de recherche de l’INRAE. C’est intéressant de connaître le point de vue sur l’actualité de ces problèmes d’attribution.
VOICI l’intégralité de cet article qui permet de réfléchir
si le réchauffement de la planète patati patata… ne serait pas en responsabilité.
.
…
https://www.lemonde.fr/planete/article/ ... _3244.html
J’ai repensé à ta demande sur le jaunissement des feuilles d’un végétal en lisant l’interview d’une directrice de recherche de l’INRAE. C’est intéressant de connaître le point de vue sur l’actualité de ces problèmes d’attribution.
VOICI l’intégralité de cet article qui permet de réfléchir
si le réchauffement de la planète patati patata… ne serait pas en responsabilité.
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https://www.lemonde.fr/planete/article/ ... _3244.html
Pourquoi la chaleur et la sécheresse donnent aux arbres un aspect automnal précoce
Dans certaines régions, la sécheresse associée à des excès de chaleur provoque des phénomènes de défoliation qui peuvent conduire, s’ils se répètent, à des dépérissements forestiers.
Propos recueillis par Perrine Mouterde
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Temps de Lecture 4 min.
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Des feuilles mortes qui se ramassent à la pelle, des houppiers roussis… Dans certaines régions, les paysages arborent un air d’automne précoce. Nathalie Bréda, directrice de recherche à l’Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement (Inrae) et spécialiste du fonctionnement des arbres et des dépérissements forestiers, revient sur les causes et les conséquences de ce phénomène.
Pourquoi certains arbres perdent-ils leurs feuilles en plein été ?
Deux phénomènes, qu’il ne faut pas mélanger, se conjuguent actuellement : le changement de couleur des feuillages, avec des colorations anormales pour la saison, et la chute prématurée des feuilles. Plusieurs raisons peuvent expliquer le changement de couleur et certaines n’ont rien à voir avec la chaleur et la sécheresse. Pour les marronniers présents en ville par exemple, le fait qu’ils deviennent roux très tôt n’est pas lié au climat, mais à un insecte : une chenille appelée la « mineuse du marronnier » se développe à l’intérieur des feuilles et crée des galeries, qui font que ces feuilles se dessèchent. Ce phénomène visible, fréquent depuis plusieurs années, peut inquiéter les riverains.
Une autre cause est l’excès de rayonnement lorsqu’il y a beaucoup de belles journées, dans des conditions anticycloniques prolongées. Ce rayonnement direct produit un stress sur le feuillage qui, en réaction, va ajuster sa composition en pigments : les pigments verts chlorophylliens, majoritaires, se dégradent et laissent apparaître d’autres pigments plus rouges et plus orange, qui protègent les feuilles du rayonnement ultraviolet. En ce moment, les arbres situés en lisière, c’est-à-dire les plus exposés au soleil, sont ceux qui changent le plus de couleur.
La crise climatique est-elle aussi responsable de la chute des feuilles ?
C’est le cas lorsqu’un excès de chaleur se conjugue à une situation de sécheresse, comme on l’observe actuellement. Lors de la canicule de juin, personne ne m’a appelée pour me dire que les arbres n’allaient pas bien : à l’époque, ils transpiraient mais ils n’étaient pas en situation de sécheresse. La transpiration sert, comme pour tous les organismes, à refroidir les arbres et à maintenir les feuilles à une température plus basse que celle de l’air.
Nous sommes maintenant plus tard dans l’été et il n’a pas beaucoup plu au cours des dernières semaines. Quand les arbres ont moins d’eau, ils ferment leurs stomates – des sortes de pores à la surface des feuilles – pour en consommer moins, mais du coup ils sont moins refroidis. Or, en même temps, ils subissent une chaleur très intense : les feuilles s’échauffent, leur température est 4 °C ou 5 °C au-dessus de celle de l’air et elles brûlent. Elles sont déshydratées et changent alors de couleur comme si elles étaient passées au chalumeau.
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Canicule en France : comprendre la seconde vague de chaleur de l’été, en cartes et en graphiques
Si la sécheresse est trop longue et trop intense, ce mécanisme de régulation [la fermeture des stomates] qui permet d’économiser de l’eau peut ne pas suffire. La tension devient très forte dans les vaisseaux qui conduisent la sève du sol jusqu’aux feuilles et on peut y voir apparaître des bulles d’air. Les feuilles ne sont alors plus irriguées ni alimentées en sève brute ; on parle d’embolie et on peut voir des feuilles même vertes tomber.
Peut-on quantifier ce phénomène de défoliation précoce ?
Nous savons mesurer la consommation d’eau des forêts et leur capacité à fixer le CO2 présent dans l’atmosphère, mais nous ne pourrons faire le bilan qu’à la fin de la saison. A ce stade, cet été ne me paraît pas exceptionnel. La saison de végétation va être un peu plus courte mais, depuis la canicule de 2003, on s’y est habitué.
Quelles sont les conséquences de cette situation ?
A court terme, ce n’est pas grave. Il ne faut pas couper son arbre dans son jardin parce qu’il a perdu ses feuilles plus tôt ! Les arbres vont arrêter leur saison de végétation à la mi-août au lieu de le faire à la mi ou à la fin septembre, ils vont notamment moins pousser. Ce qui est plus inquiétant, c’est lorsque ces situations se répètent, comme en 2018, 2019 et 2020 où il y a eu une succession d’années très sèches. Les arbres n’ont alors pas le temps de reconstituer leur état de santé global et il y a un processus de dépérissement. La photosynthèse permet de fabriquer du sucre qui sert à la croissance de l’arbre, mais qui est aussi stocké et utilisé pour se défendre contre un gros coup de froid, une attaque d’insectes ou de champignons qui colonisent et tuent ensuite les arbres affaiblis…
Lire aussi | Article réservé à nos abonnés Le massif de la Chartreuse, le plus humide des Alpes, souffre à son tour du réchauffement climatique
Dans un contexte où l’on compte sur les arbres pour lutter contre le réchauffement, s’il y a moins de feuilles et donc moins de chlorophylle, il y aura aussi moins de photosynthèse. Or c’est par ce mécanisme que les arbres absorbent le CO2 présent dans l’atmosphère. Cela va donc aussi réduire le rôle de puits de carbone que jouent nos forêts.
Les chutes de feuilles actuelles ne préjugent pas forcément d’une forte mortalité à venir ?
La mortalité s’accroît de manière cyclique, par vagues, et non de manière tendancielle. Dans le Grand Est et en Bourgogne-Franche-Comté par exemple, il y a eu une vague de mortalité des hêtres après les années 2018-2019-2020, mais elle est en train de diminuer. Il faut garder en tête que les écosystèmes forestiers fonctionnent sur le temps long : les capacités de récupération s’exercent sur plusieurs années, mais les fragilités peuvent aussi se manifester très longtemps après un choc.
Les arbres peuvent-ils s’adapter à ces sécheresses et canicules plus fréquentes ?
Réduire sa surface de feuillage pour moins transpirer et donc utiliser moins d’eau, cela témoigne d’une capacité d’ajustement. Mais il n’est pas certain que la vitesse d’acclimatation des arbres soit suffisante face à la rapidité de la crise climatique à laquelle nous sommes confrontés. S’adapter à un changement tendanciel est très différent que de faire face à un événement extrême.
Voir aussi : Article réservé à nos abonnés Le hêtre, victime parfaite du réchauffement climatique
Perrine Mouterde
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Re: coeur de marie
Voici un reportage Libé pour compléter le texte précédent. Il porte sur les arbres en souffrance de la Forêt de Fontainebleau.
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Reportage
Forêt de Fontainebleau : le chêne, «formidable compétiteur» face au réchauffement climatique
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Afin de le préserver du dépérissement le massif boisé francilien, soumis à un climat toujours plus sec, l’ONF mise sur la régénération naturelle et la plantation de variétés plus résistantes à la chaleur, comme le chêne pubescent.
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Les peintres de l’école de Barbizon l’ont sûrement déjà esquissé, il y a quelque deux cents ans. Vert, touffu, solidement ancré dans le sol. Bien portant, des racines jusqu’à la cime. Ce chêne, situé en lisière de forêt, est aujourd’hui devenu chauve, amputé de son houppier (sommet d’un arbre ébranché). Quelques branches nues, sèches et rabougries – celles qui ne sont pas tombées par terre − pointent encore vers le ciel. Si les 25 000 hectares du massif de Fontainebleau (en Seine-et-Marne et en Essonne) semblent à première vue verdoyants, l’une des plus grandes forêts françaises souffre pleinement des conséquences du réchauffement climatique. Et toutes les essences qui la composent sont concernées, quel que soit l’âge des arbres.
Lorsque le responsable adjoint de l’unité territoriale de l’Office national des forêts (ONF) de Fontainebleau, Alexandre Butin, arpente les sentiers du massif, il lui arrive ainsi de plus en plus fréquemment de croiser des hêtres au tronc pelé ou des pins aux épines rougies et complètement grillées. En cause : la sécheresse et le déficit hydrique chronique de la zone. «Sur un sol très sableux comme le nôtre, il y a peu de rétention utile en eau. On constate un dépérissement des différentes essences qui s’accélère», explique-t-il.
Interview
«Le changement climatique fragilise les forêts»
Depuis 2017, ses équipes survolent la forêt grâce à des drones et surveillent la santé de quelque 765 feuillus, pour suivre l’évolution du phénomène sur le long terme. «Tous les ans, on passe les voir. On a un critère de notation avec une note comprise entre A pour les très beaux et F pour les plus mal en point», détaille Alexandre Butin. En l’espace de sept ans, la part des arbres classés entre D et F a presque doublé, passant de 23 à 40 % ; avec un pic à 48 % lors de la sécheresse de 2022. «Là, c’est un peu le cimetière», note le garde forestier au milieu d’une piste s’enfonçant dans les bois. Sur les côtés, certains arbres sont récemment morts de manière précoce. D’autres tiennent encore la route, en fâcheuse posture. «Il y a des effets qu’on peut constater rapidement, comme sur le pin, qui peut se retrouver au sol en un à deux ans, et d’autres plus progressifs et plus insidieux, notamment sur le chêne», note Alexandre Butin.
En raison de l’augmentation des températures et de la récurrence des périodes de fortes chaleurs, ces arbres ont été frappés de «cavitation». Un phénomène comparable à une embolie chez l’homme : «Il y a des petites bulles d’air qui passent dans les vaisseaux et la sève n’arrive plus à alimenter les branches. L’arbre ne respire plus, analyse Alexandre Butin. Ça peut commencer aux extrémités ou être brutal en touchant le tronc. Dans ce cas, c’est tout l’arbre qui meurt.» Le pilote de la mission adaptation des forêts au changement climatique au sein de l’ONF, Erwin Ulrich, complète : «Il y a une température limite qui est valable pour presque toutes les essences. Au-dessus de 41 °C, il survient des transformations de molécules qui leur sont fatales.» Les stomates – les pores présents à la surface des feuilles qui permettent les échanges gazeux entre la plante et l’atmosphère – se referment, provoquant des dommages irréversibles. Les feuilles roussissent en quelques jours. Au-delà des températures, les parasites et l’intensification des phénomènes climatiques peuvent aussi affecter la forêt. A Fontainebleau, les tempêtes des dernières années ont par exemple déraciné des arbres, qu’ils soient fragilisés ou sains.
Politique de «migration assistée»
D’après l’ONF, «certaines essences n’ont pas le temps de s’adapter à l’évolution du climat ou éprouvent des difficultés à se renouveler». Et l’office d’indiquer que leurs mécanismes d’adaptation naturelle sont en moyenne dix fois trop lents face au réchauffement. Pour rendre la forêt plus résiliente, l’unité territoriale de Fontainebleau travaille à la diversification des espèces avec l’introduction de variétés méridionales telles que le chêne pubescent, le cormier ou l’alisier ; en complément de la régénération naturelle, la méthode privilégiée.
Interview
Forêt guyanaise et changement climatique : «Mieux la comprendre permettra de mieux protéger les zones à risque»
Une essence tire son épingle du jeu : le chêne pubescent. «Il a vraiment un très gros avantage dans nos peuplements. C’est un formidable compétiteur», commente Alexandre Butin. S’il perd ses feuilles au sommet, il a la faculté de toujours irriguer sa partie basse. «Il va faire ce qu’on appelle une descente de cime et reconstituer son houppier plus proche du sol», décrit le garde forestier en pointant un arbre touffu au milieu du tronc, mais dont les branches les plus hautes sont mortes. Autre avantage de cette espèce : son importante capacité d’adaptation génétique. «D’une génération à l’autre, les chênes peuvent faire exprimer [dans leurs glands] des gènes, en s’adaptant à ce qu’ils ont senti ou vécu comme climat», relate Erwin Ulrich. Le chêne pubescent, une variété en provenance du bassin méditerranéen, est ainsi privilégié.
Comme pour le cormier, l’alisier ou le bouleau, l’import de cette essence plus résiliente aux climats chauds et secs contribue à la politique de «migration assistée» mise en place par l’ONF. Pour autant, pas question de planter n’importe quelles essences exotiques. Classé Natura 2000, le massif de Fontainebleau est reconnu comme une zone environnementale forte, où l’habitat et les espèces priment. Certaines parties de la forêt sont d’ailleurs répertoriées comme réserves biologiques intégrales. Elles sont en quelque sorte mises sous cloche, sans aucune coupe ou intervention humaine. «Si on enlevait des chênes pour les remplacer par de l’eucalyptus on dénaturerait l’habitat et les espèces présentes, avec le risque d’emmener les pathogènes liés», décrypte Alexandre Butin.
Larves, champignons et insectes
En cheminant dans les sous-bois, le garde forestier s’arrête devant un filet en plastique tendu autour de quatre piquets. Au centre de ce carré, des jeunes pousses de chênes ont été plantées, protégées de la chaleur par des bouleaux. «On trouve des parades pour maintenir une humidité, une ambiance forestière autour de nos plants», explique-t-il. A l’extérieur, bon nombre des glands qui ont naturellement germé à proximité ne passeront pas l’été. Grillés par le soleil, leur système racinaire incapable d’aller puiser de l’eau. Plus loin, un jeune cormier est entouré par un long cylindre en plastique. Toutes espèces confondues, l’ONF «va mettre à peu près 60 000 plants par an» à Fontainebleau, souligne Alexandre Butin.
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Dans une autre zone, grande de 5 hectares et protégée par une clôture grillagée, le garde forestier désigne un chêne de 50 mètres de haut. Lui aussi commence à dépérir. Il perd progressivement ses feuilles, branche par branche. «Ici, on travaille par coupe sanitaire, c’est-à-dire qu’on va récolter les plus jolis arbres, ceux qui ont une qualité menacée, avant qu’ils ne soient complètement dépréciés», indique-t-il. Ce bois haut de gamme sera par exemple vendu à des tonneliers.
Outre cet aspect économique, «on est aussi dans la valorisation écologique» des chênes les plus dépérissants, souligne Alexandre Butin en s’arrêtant au pied d’un tronc grignoté et creusé à de multiples endroits. S’il a été conservé, c’est parce qu’il est «hyper intéressant» : à l’intérieur, les larves, les champignons et les insectes qui décomposent le bois nourrissent oiseaux et chauves-souris. Des pics peuvent venir y nicher. «Plus notre forêt va être riche, avec une belle biodiversité, des structures et des hauteurs un peu différentes, conclut le garde forestier, plus elle va pouvoir répondre aux exigences du changement climatique.»
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Re: coeur de marie
Je retiens le nom d’essences méridionales intéressantes à introduire :
chêne pubescent, cormier, alisier, bouleau.
.
Et des notions de biologie végétale :
cavitation, descente de cime.
chêne pubescent, cormier, alisier, bouleau.
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Et des notions de biologie végétale :
cavitation, descente de cime.
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Re: coeur de marie
je vais lire ça à tête reposée et par petits morceaux.
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Re: coeur de marie
Pour compléter les 2 longs textes sur l’actualité de la souffrance des forêts, voici l’interview d'un membre de l’ONF.
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Libé 28.08.25
Accueil / Environnement
Interview
Ambiance automnale en plein été : «Les arbres se mettent en dormance pour affronter cette mauvaise période»
A cause du manque d’eau et des pics de température, les arbres se débarrassent déjà de leurs feuilles, comme en 2022 et 2023. Mais en voulant limiter leur transpiration, ils cessent aussi de faire des réserves pour l’hiver, avertit Brigitte Musch, de l’Office national des forêts.
…
par Margaux Lacroux
publié aujourd'hui à 17h14
…
Arbres roussis, tapis de feuilles au sol, branches sèches… En ville comme en montagne, les arbres ont été poussés dans leurs retranchements cet été. Les multiples pics de température à 40 °C, une évaporation accrue et peu de pluies ont brûlé et assoiffé les surfaces boisées. De nombreuses forêts sont tachetées d’orange, un paysage automnal inhabituel à cette période de l’année. Brigitte Musch, cheffe du département ressources génétiques forestières à l’Office national des forêts (ONF), détaille les mécanismes de défense des arbres, formidables usines à fraîcheur et précieux puits de carbone qui atteignent leurs limites face à des stress de plus en plus récurrents.
Constatez-vous une perte massive des feuilles des arbres cet été ?
Oui, c’est particulièrement marqué cette année. On le voit même en ville, les feuilles de platanes et de tilleuls tombent jusqu’à Paris, même si ça reste relativement vert dans la moitié nord. Dans la moitié sud, c’est beaucoup plus visible : on a l’impression d’être en automne, avec des tons marron, les arbres sont complètement desséchés. Le Sud-Ouest est particulièrement touché par la défoliation (une chute anormale des feuilles) parce que les deux canicules et la sécheresse y ont été plus intenses cet été. On peut l’observer jusqu’en moyenne altitude dans les Pyrénées, ce qui est peu habituel. En Ariège par exemple, zone normalement fraîche même en été, on voit apparaître très nettement des taches brunes dans les massifs de feuillus. Mais tous les arbres ne perdent pas leurs feuilles, c’est par poches, et cela dépend des espèces. Le chêne-liège et le chêne vert, présents en Méditerranée, sont moins sensibles, tandis que dès la moindre petite sécheresse, les bouleaux, pour se protéger, perdent rapidement leurs feuilles.
Pourquoi les arbres se débarrassent-ils de leurs feuilles ?
Les arbres se mettent en dormance pour affronter cette mauvaise période. La feuille est une centrale énergétique qui permet aux arbres de respirer – via la photosynthèse, elle capte le CO2 et le transforme en carbone puis en bois – et de transpirer grâce aux stomates, de petits pores. Ainsi, l’arbre garde une ambiance humide autour de lui, ce qui apporte de la fraîcheur en forêt. Mais quand le sol manque d’eau, la feuille se ferme, commence à se flétrir. Si le phénomène perdure, elle meurt et se décroche. C’est une manière de lutter contre une transpiration trop importante. Actuellement, on assiste à ce phénomène poussé à l’extrême. Les fortes températures ont aussi brûlé les feuilles, or quand elles ne sont plus fonctionnelles, elles tombent.
Pourquoi les arbres veulent-ils arrêter de transpirer ?
Pour éviter de faire des embolies. Les arbres fonctionnent comme une vaste pompe : par leurs racines ils prélèvent de l’eau dans le sol, qu’ils transpirent par leurs feuilles via les stomates. En période de sécheresse, les arbres ferment les stomates pour stopper la pression qui permet de faire monter l’eau dans l’arbre. Car quand il n’y a plus d’eau dans le sol, ils aspirent de l’air. Comme chez les humains, les bulles d’air bouchent les vaisseaux et causent la mort des branches qui étaient irriguées par ces vaisseaux.
Quand a-t-on commencé à constater le roussissement des arbres cette année ?
Cela dure depuis plusieurs semaines. La défoliation arrive tôt dans l’année et cela est lié à la précocité des canicules. Mi-juillet, après la première vague de chaleur, les effets ont commencé à être observés car sécheresse et canicule se sont conjuguées. Lors des fortes chaleurs, le hêtre prend aussi des coups de soleil sur son tronc, il fait des cloques, son écorce se détache, c’est très mauvais pour lui. Dans le Sud-Ouest, il peut y avoir un autre facteur, uniquement pour le chêne : un insecte, la punaise réticulée, pique les feuilles, fait mourir les cellules, qui prennent une teinte marron, c’est très présent autour de Toulouse.
Les défoliations très précoces peuvent-elles nuire aux arbres ?
C’est un mécanisme de protection mais c’est inquiétant car cela diminue d’autant la période de végétation des arbres. D’habitude, elle s’étend du mois d’avril à mi-octobre. Mais en 2025, elle s’arrête plusieurs mois avant. C’est autant de temps perdu pour faire de la photosynthèse, créer du carbone, croître, faire des stocks de protéines et de lipides pour bien redémarrer l’année suivante. Quand ils perdent leurs feuilles, les arbres ne font plus de réserves.
Le changement climatique accentue-t-il ce phénomène ?
Oui, cela a aussi eu lieu en 2022 et 2023. Heureusement, l’année 2024, très humide, avait été très bénéfique pour les forêts. Mais cela est de plus en plus rare. Sous l’effet du changement climatique, les records de température se multiplient et les années délicates pour les arbres se succèdent. Or les phénomènes de défoliation sont très liés aux épisodes de sécheresse et de chaleur, donc plus on a une multiplication de ces événements, plus de la défoliation apparaît. Cela peut également s’accompagner de mortalité de petites branches, puis de branches plus importantes, or moins il y a de branches, moins il y a de feuilles. Et si la sécheresse dure, les arbres peuvent aussi produire de plus petites feuilles l’année d’après. Ils font ainsi moins de photosynthèse, moins de réserves pour l’hiver… C’est vraiment un cercle vicieux.
En temps de stress, les arbres arrêtent de respirer via leurs feuilles, cela signifie-t-il que les forêts roussies actuellement ne jouent plus leur rôle de pompe à CO2 ?
Exactement. En ce moment, les forêts nous aident moins. Cela est inquiétant car en temps normal, les arbres captent beaucoup de CO2 dans l’atmosphère, ce qui permet de limiter le changement climatique. Par le passé, les forêts françaises captaient l’équivalent des émissions provenant du secteur du transport. Désormais, elles pompent moins et pour certaines zones le bilan est même à zéro. Cela nuit donc à notre stratégie de limitation de l’augmentation du CO2 dans l’atmosphère.
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«En 2026, les forêts françaises pourraient émettre plus de carbone qu’elles n’en absorbent»
La pluie est de retour en France, cela peut-il sauver les arbres en souffrance ?
L’eau qui est en train de tomber ne va pas être stockée dans les sols, elle va être directement consommée par les arbres. Cela va permettre aux feuilles encore fonctionnelles de se remettre à respirer et à transpirer. C’est positif car les arbres vont reprendre leur croissance. Mais les parties déjà roussies ne vont pas reverdir. C’est fini. Ensuite, si les pluies se poursuivent et que les températures baissent, après être entrés en dormance, les jeunes arbres peuvent se parer à nouveau de feuilles, voire de fleurs, comme si c’était le printemps. Ce surcoût d’énergie peut causer des descentes de cimes [le dessèchement du haut des arbres, ndlr], voire de la mortalité.
L’année 2025 risque-t-elle d’accroître encore la dégradation de la santé des forêts françaises ?
Bien sûr. Actuellement, la France est comme une peau de léopard : on observe des dépérissements par zones, particulièrement dans le quart nord-est de la France, qui a connu un pic en 2019, et le long de la Loire. Les années de fortes canicules et de sécheresse accélèrent le dépérissement des forêts à cause de la succession de stress hydrique et thermique sur le long terme. Mais le sol est aussi un facteur important : il est comme une éponge et s’il retient l’eau, la stocke assez facilement, il pourra la restituer lors des sécheresses, contrairement aux sols sableux (dans les Landes) ou calcaires (dans le Jura ou le Grand Est) qui ne retiennent rien. La profondeur du sol est aussi très importante car les racines pourront plus ou moins prospecter la ressource en eau.
La mortalité des arbres dans les forêts françaises a doublé en dix ans, on peut s’attendre à ce que la tendance se poursuive ?
Oui. C’est surtout le cas dans le Grand Est pour l’épicéa, espèce de montagne qui avait été plantée dans les années 1950 en plaine, en limite de ce que pouvait supporter cette espèce en termes de conditions écologiques. A partir de 2017, les sécheresses se sont enchaînées et pratiquement toutes les forêts de plaine sont mortes, notamment parce qu’un insecte, le scolyte, a tiré parti de la faiblesse des arbres pour les attaquer encore plus.
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Depuis cette période-là, on constate aussi des dépérissements très importants sur les feuillus, notamment les hêtres dans le quart nord-est et le chêne le long de la vallée de la Loire, en particulier dans des forêts naturelles de l’Allier qui souffrent énormément.
Les essences n’arrivent pas à suivre le rythme du changement climatique actuel ?
Non, on constate que même les forêts millénaires qui sont remontées naturellement en France au fil du temps sont en difficulté. Les arbres peuvent cependant générer une descendance plus adaptée. Mais pour cela, il faut que la forêt se renouvelle grâce à la reproduction des arbres. Or il leur faut atteindre un certain âge pour produire leurs graines : par exemple un chêne forme ses premiers glands à 50 ans, mais aujourd’hui ces arbres ont plus de chances qu’avant de mourir avant d’arriver à se reproduire. La main de l’homme peut aider à accélérer la migration des espèces vers le Nord, c’est la migration assistée. A l’ONF, on récolte des graines d’espèces présentes dans le sud de la France ou de l’Europe et on les plante plus au Nord. Ainsi, on mime les phénomènes naturels et on enrichit les forêts. La diversité des espèces est une des clés pour assurer la résilience.
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Re: coeur de marie
Et c'est pas fini ! la réponse au dérèglement climatique n'est pas prête d'être réglé avec cette politique là !!!
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Re: coeur de marie
Que te dire ? Que l’article n’est que l’ interview d’une personne ayant une expertise végétale ! Point barre. Intéressant d’écouter egalement l’ONF … Cela m’a paru utile à faire connaître aux amis des forêts…
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Re: coeur de marie
Patricia.
Désolé. Ta question sur le cœur de Marie m’ a entraîné un peu plus loin. J’ai généralisé ta préoccupation au monde forestier.
Désolé. Ta question sur le cœur de Marie m’ a entraîné un peu plus loin. J’ai généralisé ta préoccupation au monde forestier.